Libellules et demoiselles

Publié le par Marie-Claire RAVE


Libellules et demoiselles sont un joli exemple d'allitération : elles sont tout en ailes, diaphanes et légères.
On les appelle toutes couramment libellules, mais dans l'ordre des Odonates, les libellules sont les plus grandes, les demoiselles les plus petites.

Les libellules
Elles ont de gros yeux généralement joints (sauf les Gomphidés) et, au repos, les ailes étalées. Elles appartiennent au sous-ordre des anisoptères.

Libellule déprimée (Libellula depressa) mâle et femelle, aeschne bleue (Aeschna cyanea) Libellule déprimée (Libellula depressa) mâle et femelle, aeschne bleue (Aeschna cyanea) Libellule déprimée (Libellula depressa) mâle et femelle, aeschne bleue (Aeschna cyanea)

Libellule déprimée (Libellula depressa) mâle et femelle, aeschne bleue (Aeschna cyanea)

Les demoiselles
Elles ont des yeux plus petits, nettement séparés, et, au repos, les ailes repliées. Une exception : les lestes au repos écartent leurs ailes à 45° de l'abdomen. Les demoiselles appartiennent au sous-ordre des zygoptères.

Petite nymphe au corps de feu (Pyrrhosoma nymphula), agrion jouvencelle (Coenagrion puella) mâle et agrion élégant (Ischnura elegans) mâlePetite nymphe au corps de feu (Pyrrhosoma nymphula), agrion jouvencelle (Coenagrion puella) mâle et agrion élégant (Ischnura elegans) mâlePetite nymphe au corps de feu (Pyrrhosoma nymphula), agrion jouvencelle (Coenagrion puella) mâle et agrion élégant (Ischnura elegans) mâle

Petite nymphe au corps de feu (Pyrrhosoma nymphula), agrion jouvencelle (Coenagrion puella) mâle et agrion élégant (Ischnura elegans) mâle

Caloptéryx éclatant (Caloptéryx splendens) femelle et mâle, leste vert (Chalcolestes viridis)Caloptéryx éclatant (Caloptéryx splendens) femelle et mâle, leste vert (Chalcolestes viridis)Caloptéryx éclatant (Caloptéryx splendens) femelle et mâle, leste vert (Chalcolestes viridis)

Caloptéryx éclatant (Caloptéryx splendens) femelle et mâle, leste vert (Chalcolestes viridis)

Le coeur copulatoire
Ce duo d'acrobates est un accouplement. D'abord le mâle choisit un site favorable à la ponte près de l'eau ou sur la végétation aquatique, puis il effectue un vol de parade, puis la copulation débute. Le mâle est doté d'une pince anale qui lui permet de saisir la femelle par le cou et de l'entraîner sur le lieu d'accouplement. Toujours agrippé à sa partenaire, il transfère ses spermatozoïdes du bout de son abdomen vers un organe copulatoire secondaire proche du thorax. La femelle arque son abdomen et s'auto-insémine par contact génital avec cet organe secondaire : c'est le "coeur copulatoire".

La ponte
Peu après l'accouplement, la femelle pond. Selon les espèces, la ponte a lieu de plusieurs façons différentes :
- les oeufs peuvent être lâchés au-dessus de l'eau ou sur l'eau, un à un ou par paquets,
- ou déposés sur des végétaux immergés ou émergés,
- ou insérés dans les tissus vivants ou morts de végétaux aquatiques ou de végétaux des berges.
Difficiles à repérer, ils sont aussi difficiles à préserver. On peut se contenter de ne pas trop nettoyer les mares ou les coins marécageux du jardin.

Préserver les oeufs et les larves
Les larves de libellule, les naïades, éclosent et vivent dans l'eau, où elles respirent par des branchies. La durée de vie dans l'eau est bien plus longue que la vie aérienne : elle peut durer de quelques mois à cinq ans, selon les espèces, alors que la vie adulte dure au maximum quelques mois, entre le printemps et l'automne.
Si l'on désire nettoyer un point d'eau, on risque fort de tuer les larves. Pour éviter le massacre, on doit trier soigneusement les déchets que l'on vient d'extraire et remettre à l'eau les larves qui s'y trouveraient. Etant donné qu'elles passent par de nombreuses mues (de 9 à 16 selon les espèces), on trouve des larves de toute taille, de quelques millimètres à 5 centimètres.

Préserver les adultes aux premières heures de vie à l'air libre
Quand la larve est prête à se métamorphoser en adulte,  elle cesse de s'alimenter et fait des incursions sur les berges ou sur la végétation pour tester les conditions atmosphériques. Lorsque la météo lui convient, elle se fixe sur une tige ou une feuille ; commence alors l'émergence (voir les images au paragraphe L'émergence des libellules dans Carnet rose dans la mare). Comme lors de la métamorphose de la chenille en papillon, avant la formation visible de la chrysalide, l'intérieur du corps commence à se transformer. La phase invisible se déclenche vers 20 heures, puis l'émergence proprement dite se produit vers 22 heures. Durant toute la nuit la nouvelle libellule reste immobile près de sa vieille peau, l'exuvie, et le matin, elle déploie des ailes encore fragiles et les fait durcir au soleil. C'est à ce moment qu'il vaut mieux éviter de fouler l'herbe ou de tondre près des points d'eau, au risque d'écraser des libellules à peine émergées. En revanche, on n'apprécie peut-être pas les dizaines d'exuvies laissées dans la végétation, on peut dans ce cas les enlever sans dommage.

Préserver leur milieu de vie
Si les larves vivent dans l'eau, les adultes s'éloignent du lieu de ponte, mais apprécient les zones humides. Les larves sont de redoutables chasseresses dans l'eau, les adultes le sont aussi dans l'air et sur l'eau. Il leur faut donc un terrain de chasse riche en petits insectes et leurs larves : pas de produits phytosanitaires, une  végétation dense et variée, des espèces végétales locales de préférence.

Sources, informations complémentaires
Une clé de détermination des odonates sur le site Quel est cet animal ?
Les identifications sont réalisées ou confirmées par Etienne Hubert de la Société d'Histoire Naturelle d'Autun

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