Octobre 2026 : bilan d'une sécheresse exceptionnelle au jardin

Publié le par Marie-Claire RAVE

Thuya cinquantenaire définitivement perdu


Nous sommes en Bourgogne du Sud.
Cet été, cinq pics de chaleur aux alentours de 36°, jusqu'à 41,5° en juillet. 
Sur les 4 mois d'été, 110 jours sans une goutte de pluie.
Notre sol est argileux, le parc est planté sur une colline  orientée en partie Sud-Est et en partie Nord-Est, et nous disposons d'importantes réserves d'eau collectée par les toits des dépendances. Un côté est en lisière du bois qui protège du soleil de l'après-midi.

Séquoia

Conifères
Ils ont payé le prix fort. 
😰Irrécupérables. Les thuyas cinquantenaires sont complètement roussis, du pied à la cime.
😏Inquiétants. Les deux séquoias sont en partie roussis, mais conservent encore des branches restées vertes jusqu'à leur extrémité. Le plus grave est que la cime de l'un des deux est sèche. Un ami à quelques kilomètres a perdu presque tous ses séquoias plus que centenaires, une vingtaine.
😎En pleine forme. Les cyprès de Leyland et de Provence, les sapins (les sapins de Noël plantés en janvier dans les années 1985-1990) dans la pente Nord-Est et le cèdre ont bien résisté, pas une seule branche roussie.

Arbres à feuillage caduc
😰La forêt souffre énormément. Les hêtres, les charmilles et les bouleaux, surtout en lisière, ne s'en remettront probablement pas.
😏Certains chênes fragilisés depuis les sécheresses à répétition ces dernières années sont moribonds. Quelques plantations de l'automne 2025 inspirées du jardin-forêt, ombragés par les chênes et les érables et largement paillés, ont étonnamment bien résisté : arbre aux haricots bleus, asiminiers accompagnés de quelques abékies. Un asiminier toutefois semble mort.
🙂Les érables ont fait triste mine, certains ont entièrement perdu leur feuillage, mais tous ont refait une feuillaison non négligeable fin septembre - début octobre.

Chalef en fleurs comme à l'accoutumée

Arbustes
😰Hortensias et rhododendrons, espèces océaniques, sont très atteints, certains reprennent cependant des feuilles. Le déssèchement a été accéléré par la perte du feuillage des arbres qui les ombrageaient.
🙁 Les viornes ont été sauvées in extremis par l'eau des réserves : viorne de Chine (Viburnum plicatum) et viorne d'hiver (Viburnum bodnantense). La viorne obier, plus locale, a mieux résisté.
Tous les cornouillers ont souffert,
Cornus mas (sauf ceux poussés spontanément au fil dans ans, sans doute enracinés profondément du fait des sécheresses successives depuis dix ans),
Cornus sanguineus (apparemment mort),
Cornus florida (reprend actuellement quelques feuilles),
Cornus kousa chinensis (trois sur quatre s'en sortent mais les fruits, tout petits et durs comme des cailloux, sont tombés).
😥Cornus controversa variegata, le cornouiller des pagodes panaché, semble s'en sortir, au prix de beaucoup d'eau. Il s'est délesté de quelques branches pour survivre.
😊Les orangers du Mexique verts et un doré ont passé les pics de chaleur en baissant de l'aile mais un peu d'arrosage a rétabli la situation. Les abélias ont eu soif mais la remontée d'automne est extraordinaire.
Les rosiers ont fait triste mine en plein soleil, aujourd'hui ils se rattrapent avec une belle remontée.
😎Les lauriers, lauriers-sauce, lauriers nains Otto Luyken, lauriers-cerises, lauriers-tins ont bien résisté.
Les arbustes bas champions de la sécheresse ont été comme attendu les lavandes et romarins, et étonnamment les pérovskias, même en plein soleil. 
Plus hauts, les photinias, les chalefs et les mahonias n'ont été nullement gênés par les pics de canicule. Les arbousiers les plus anciens ont un feuillage magnifique, ils ont raté leur fructification mais font une nouvelle tentative avec des fruits minuscules et des fleurs en bouton.

Jeune haie paillée de bois mort

Arbustes en haie et bosquet
😎Une nouvelle haie plantée à l'automne précédent s'en est bien sortie, sans doute aidée par le paillage réalisé de bric et de broc en urgence avec du bois mort récolté dans les chemins. Ils ont été arrosés moins que les autres et ont gardé l'humidité plus longtemps. D'autres arbustes isolés plantés en automne 2024 et largement paillés dès le premier pic de canicule fin mai ont bien progressé.
Les arbustes plantés en bosquet ou en haie épaisse (au moins deux rangs) ont mieux résisté que les arbustes isolés. Les lisières ont été plus sensibles.

Euphorbe de Corse

Vivaces
😎Les plus résistantes, avec peu d'arrosage, sont les échinacées à mi-ombre. En plein soleil, les euphorbes de Corse étaient ravies, elles se sont ressemées comme jamais dans le gravier. Toutes sortes de sedums et de graminées ont aimé la chaleur. Les gauras en toute situation sont restés stoïques.
😏Les autres vivaces ont pu être arrosées, avec parcimonie, et se sont contentées de survivre.

Quelques plantes remarquables
😍Côté bulbes, les cyclamens qui ont passé l'été dans dix centimètres de poussière ont réapparu début octobre comme si de rien n'était.
💡Les plantes "noires" (ophiopogon, heuchère noire, physocarpe noir...) ont été sauvées en les ombrageant avec des cagettes retournées.
Les espèces qui ont parfaitement résisté à l'ombre profonde mais ont été brûlées au soleil : le houx et l'aucuba.

Floraisons en octobre 2026 après la sécheresse de l'été : cyclamens, abélia, rosiers sous la pluieFloraisons en octobre 2026 après la sécheresse de l'été : cyclamens, abélia, rosiers sous la pluieFloraisons en octobre 2026 après la sécheresse de l'été : cyclamens, abélia, rosiers sous la pluie

Floraisons en octobre 2026 après la sécheresse de l'été : cyclamens, abélia, rosiers sous la pluie

Très résistants : le houx a bien avancé sa coloration, l'arbousier refait des fleurs et des fruits, le photinia démarre de nouvelles feuillesTrès résistants : le houx a bien avancé sa coloration, l'arbousier refait des fleurs et des fruits, le photinia démarre de nouvelles feuillesTrès résistants : le houx a bien avancé sa coloration, l'arbousier refait des fleurs et des fruits, le photinia démarre de nouvelles feuilles

Très résistants : le houx a bien avancé sa coloration, l'arbousier refait des fleurs et des fruits, le photinia démarre de nouvelles feuilles

Pour l'avenir, il nous faut certes rechercher des plantes qui supportent la sécheresse, mais la région n'est pas à l'abri d'un épisode de fort gel. Toutes les plantes citées ici ont supporté les hivers de Bourgogne pendant des années, même les méditerranéennes, il faut désormais ajouter la résistance à la sécheresse. Les vivaces se remplacent rapidement, pas les arbres. Nous allons tenter le chêne vert (Quercus ruber) car on en trouve un bosquet assez ancien en Côte d'Or et le chêne à feuilles de myrsine (Quercus myrsinifolia) conseillé par notre arboriste, qui affichent une résistance à -15°. C'est un risque à prendre.

Attendons le printemps 2027 pour confirmer le diagnostic, ou conclure à la catastrophe. 🤔

Une petite consolation pour terminer cette revue : rosier Pierre de Ronsard le 26 octobre

Une petite consolation pour terminer cette revue : rosier Pierre de Ronsard le 26 octobre

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article