Jamais sans ma batbox... au bal des chauves-souris

Publié le par Marie-Claire RAVE

Jamais sans ma batbox... au bal des chauves-souris

Par un beau dimanche nous avons reçu la visite de la Société d'Histoire Naturelle d'Autun qui étudiait les populations de chauves-souris. Nous avons donc appris à repérer leurs déjections et nous savons que nous hébergeons de très discrètes chauves-souris dans la bergerie et les autres dépendances qui entourent la maison. Cette année nous voudrions en savoir plus.
J'ai donc acheté à la boutique de la LPO un détecteur d'ultrasons, la Batbox, pour me familiariser avec leurs «cris ».

Le principe de l'écholocation par les chauves-souris
Tous les chiroptères produisent des ultrasons pour vocaliser et communiquer entre eux, et surtout pour se diriger : c'est l'écholocation. On sait qu'à la manière d'un sonar, les chauves-souris émettent des ultrasons en faisant vibrer leurs plis vocaux, ultrasons qui leur sont renvoyés par les proies ou les obstacles. Avec le retour des ultrasons, elles perçoivent une "image sonore" de leur environnement. Les impulsions sonores émises sont constituées d'une série de clics très courts, afin qu'elles puissent percevoir l’écho entre les impulsions, écho beaucoup plus faible que le son initial.
Ces séries de clics sont différentes
- selon le comportement du chiroptère (en transit, en action de chasse ou en capturant une proie, en milieu ouvert ou encombré...),
- selon les espèces, leur permettant de se reconnaître entre congénères, tout en entendant les autres espèces.
Ainsi les humains, lorsqu'ils se dotent des moyens de percevoir ces émissions, peuvent préciser leur comportement et identifier les espèces.

Comment fonctionne un détecteur d'ultrasons ?
Le champ de l'audition humaine se situe entre 20 hertz et 20 000 hertz (20 kHz). En-deçà de 20 Hz, on parle d’infrasons, et au-delà de 20 kHz, on parle d’ultrasons. Ceux émis par les chauves-souris peuvent aller jusqu'à 160 000 hertz (160 kHz), voire 200 000 Hz (200 kHz) chez quelques espèces.

Fréquences perçues par les mammifères (graphe de S. Blatrix sur cochlea.fr)

Pour capter les ultrasons et les restituer dans une fréquence perceptible par l'humain, la Batbox fonctionne sur le mode hétérodyne : les ultrasons sont analysés, filtrés et comparés à une oscillation interne à l'appareil. L'appareil restitue alors la différence entre les deux fréquences, différence qui, si le réglage de la Batbox est correct, se situe dans le champ audible par l'humain. Par exemple, si une chauve-souris émet un ultrason de 40 kHz (inaudible pour nous), et que la fréquence de l'appareil est réglée sur 30 kHz, l'appareil restitue un son d'une fréquence de 10 kHz (audible par l'humain).
Pour bien utiliser la Batbox, il faut donc connaître la fréquence propre à chaque espèce et régler la fréquence interne de l'appareil de façon à situer la restitution entre 20 Hz et 20 kHz. Il suffit de savoir faire une soustraction.

Pour l'instant je me contente, après la tombée de la nuit, de voir les chauves-souris repérées grâce au détecteur. Il faudra en connaître beaucoup plus sur les chiroptères pour interpréter les sons délivrés par la Batbox. Une nouvelle aventure à suivre...

Sources, informations complémentaires
La Batbox à la boutique de la LPO
Le site du fabricant de la batbox, et son manuel d'utilisation (en anglais)
L'association belge de protection de la nature, Natagora, et son groupe de travail sur les chauves-souris, Plecotus, auteurs du Manuel d'utilisation du détecteur d'ultrasons hétérodyne pour débutants 
Pour écouter diverses espèces de chauves-souris : La sonothèque des chiroptères, sur un site dédié à la spéléologie "dans le Languedoc et plus si affinités", Souterweb
Mon article Mystérieuse chauve-souris

 

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