Grands topiaires : si on oubliait le buis ?

Publié le par Marie-Claire RAVE

Grands topiaires : si on oubliait le buis ?

Affamer la pyrale du buis, c'est une des solutions pour lutter contre ce fléau !
Lorsque les buis sont irrécupérables, dévorés par la pyrale ou attaqués dans leur système racinaire par des champignons (Cylindrocladium buxicola et Volutella buxi), comment les remplacer ? En grand topiaire, aucun arbuste ne permet la précision des formes et la stabilité de la taille dans la saison. Pourtant, voici quelques exemples très réussis dans des jardins à visiter.

En climat continental, les réalisations du Parc Floral d'Apremont dans l'Allier
Le chèvrefeuille arbustif (Lonicera nitida)
Il est rustique, persistant et surtout débordant de vitalité. Il convient aux formes massives car sa croissance un peu échevelée n'est pas adaptée aux tailles précises. Celui-ci est taillé en larges marches qui répondent aux pierres de la cascade en gradins.

Grands topiaires : si on oubliait le buis ?Grands topiaires : si on oubliait le buis ?

Le genévrier de Chine ou genévrier bleu des Alpes (Juniperus chinensis)
Du fait de sa croissance lente et de son feuillage compact et persistant, il autorise des formes nettes. Celui-ci est taillé en nuage. Son feuillage bleuté permet de varier les couleurs des topiaires.

Grands topiaires : si on oubliait le buis ?

L'if d'Europe (Taxus baccata)
Attention : toutes ses parties sont toxiques sauf la chair des fruits (les arilles), même les graines contenues dans les fruits. Il a une grande facilité de bourgeonnement, ce qui permet de conserver une surface compacte lorsqu'il est taillé. Cet individu, taillé en nuage, selon la tradition du niwaki japonais, accompagne le pont chinois.
 

Grands topiaires : si on oubliait le buis ?Grands topiaires : si on oubliait le buis ?

La charmille (Carpinus betulus)
Son feuillage est marcescent : il fane en automne mais reste sur l'arbre tout l'hiver, jusqu'à l'apparition des nouvelles feuilles au printemps. La charmille change donc de couleur au fil des saisons, et se fait moins compacte en hiver. A Apremont, les charmilles anciennes sont taillées sans guide, celles nouvellement installées sont conduites sur des formes en fer à béton.

Grands topiaires : si on oubliait le buis ?
Grands topiaires : si on oubliait le buis ?Grands topiaires : si on oubliait le buis ?

Le troène (Ligustrum vulgare), caduc, et le houx (Ilex aquifolium, Ilex cranata), un peu piquant, se prêtent aussi à la taille.

En climat méditerranéen : balade au Domaine du Rayol
Ce domaine est dédié à la flore méditerranéenne, toutefois la tradition des topiaires est respectée autour des bâtiments. Quelques exemples.
Le cyprès de Lawson (Chamaecyparis lawsoniana)
Ce cyprès résiste bien à la chaleur et à la sécheresse. Il permet des formes précises. Ceux-ci, taillés en moutonnements, reprennent la forme des pins de l'horizon.

 

Grands topiaires : si on oubliait le buis ?

Le laurier-tin (Viburnum tinus)
On peut le planter en toutes régions, mais je constate qu'il a parfaitement résisté à la chaleur et au manque d'eau pendant les deux canicules successives de 2019. Ici en compagnie d'un oléaria.

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Le pittospore (Pittosporum tobira et Pittosporum tenuifolium)
Son port en boule d'un mètre de diamètre convient aux formes arrondies, notamment en sphère parfaite. Le voici mélangé aux cyprès dans un moutonnement continu. Il exige un sol neutre, sec et drainant.

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L'olivier (Olea europaea) peut également se tailler en topiaire.

En bord de mer
Quelques arbustes résistant aux embruns et au vent.
Le troène à petites feuilles (Ligustrum ionandum) 
Il forme naturellement un petite boule au feuillage fin, qu'il est facile de conduire en une forme géométrique. Sa croissance rapide exige des tailles répétées, une fois par mois par exemple, pour que le feuillage reste compact.

Photo Truffaut

Photo Truffaut

L'oléaria (Olearia traversii)
Arbuste touffu et compact, au feuillage vert foncé luisant, persistant, il résiste bien au vent et c'est justement sous le vent qu'il révèle son revers argenté.

L'olivier de Bohème ou chalef à feuilles étroites (Elaeagnus angustifolia)
Il rappelle l'olivier mais il est beaucoup plus rustique et pousse plus vite. Il lui faut impérativement un sol drainant. Si on ne le taille pas trop sévèrement, il produit de petites fleurs au parfum de miel, qui attirent une foule de papillons et autres insectes butineurs

Le fusain du Japon (Euonymus japonicus)
Son feuillage est compact et persistant. Il supporte bien une taille sévère. Son fruit rouge corail, l'arille, est toxique. De croissance lente, il est plus adapté à la taille en boule qu'aux formes érigées.

Informations complémentaires
Voir aussi Remplacer les buis malades et La pyrale du buis

Publié dans Aménagements, Plantations

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