Marier les roses et les plantes à papillons

Publié le par Marie-Claire RAVE

Marier les roses et les plantes à papillons

Un jardin "naturel", invitant toute une faune à poils, à plumes, à écailles, n'exige pas de renoncer aux plus belles créations horticoles, parmi lesquelles la reine : la rose.
La rose est délicate et n'accepte pas n'importe quel voisinage.
Avec qui la marier pour attirer les papillons ?

Les exigences du rosier

Il a besoin d'air autour de son pied, il accepte volontiers un entourage de fleurs légères et  non envahissantes.
La rose a des couleurs délicates et n'a pas envie d'être éclipsée par des fleurs à floraison massive et criardes.
Ici, un rosier buisson de David Austin, "Lady Hamilton" avec le géranium vivace "Blue cloud" au ton gris-bleu très doux. Le géranium fait le lien entre quatre nuances de saumon : "Lady Hamilton", "Leander", "Lady of Shalott", tous de David Austin, et "Emilien Guillot", de chez Guillot.

Ajoutons les exigences du papillon

Il a faim toute la saison, de celui qui arrive le premier à celui qui disparaît le dernier. Les fleurs doivent se relayer du début du printemps à la fin de l'automne.
Il aime les plantes locales. En effet il est lié à une plante-hôte, sur laquelle il va pondre et qui nourrira la chenille. Il est donc conseillé de laisser pousser dans les massifs des sauvageonnes fines et légères. L'inconvénient de ces plantes sauvages est de devenir envahissantes, puisqu'elles sont parfaitement adaptées au lieu. Il suffira de les arracher en cas d'invasion.

Ajoutons encore le risque pucerons

Les aromatiques limitent l'apparition des pucerons, qui, à ma connaissance, ne sont pas en voie de disparition ! Les mésanges et les coccinelles contribueront au ménage. Et s'il en reste, on peut précipiter leur chute avec de l'eau ou de légères secousses.
Certains préconisent une pulvérisation de savon noir dilué à 5 %, jusqu'ici j'ai réussi à m'en passer.
C'est un choix. Toutes les photos de cet article sont personnelles et prises dans mon jardin, et si vous regardez bien, les feuilles un peu mâchouillées ou perforées, les tiges un peu gainées d'insectes sont tolérées.
Tout le monde s'y met, les fourmis parquent les pucerons et les coccinelles les mangent.
Ici la sauge classique pour la cuisine et la tisane.

Et dernière contrainte : les chenilles

Là, il faut savoir ce que l'on veut. Pas de papillons sans chenilles ! Une chance, le rosier, comme la grande famille des rosacées, est une plante-hôte pour plusieurs papillons, hespérie tachetée, gazé, flambé.
Ma méthode :
- j'enlève les chenilles sur l'avant des rosiers, au cours d'un jardinage-promenade quotidien, et je tolère quelques dévoreuses en fond de massif,
- cette grande famille des rosacées comprend de nombreuses plantes très courantes, comme les ronces, les églantiers, mais aussi les prunelliers,  les sorbiers, les aubépines..., donc pas de motif pour tuer les précieuses chenilles, il suffit de les jeter dans la haie à oiseaux. Elle est justement constituée de ces espèces, riches en fruits pour l'automne, voire l'hiver.
Ici un églantier poussé tout seul et  parti à l'assaut d'un conifère, qui me sert de nursery.

Au total, de multiples contraintes ! Quelques associations efficaces.

Verveine de Buenos-Aires, vivace qui se ressème toute seule, légère, tient peu de place au sol, de couleur violette qui va avec tout. Les papillons en sont fous ! Elle a besoin d'un sol drainant.
Gaura, vivace légère, s'effondre légèrement pour se mélanger aux roses.
Toute sortes de géraniums vivaces, du Geranium sanguineum rose clair de 15 cm au grand géranium hybride "Patricia" magenta de 60-80 cm, ou au bleu intense "Brookside", 80 cm, en passant par le bleu violacé de "Rozanne" de 30 cm. A chaque rosier sont géranium. Grossière erreur lorsque j'ai acheté des Geranium endressi, annoncés comme couvre-sol étouffe-tout, et qui se sont occupés d'étouffer quelques rosiers sauvés in extremis.

Marier les roses et les plantes à papillons

Un mélange de locales, coquelourdes, campanules à feuilles de pêcher, digitales et orties vaguement cachées dans la masse, tout cela émergeant d'un massif de rosiers-paysage "Emera" (obtenteur Noack). Les orties sont la plante-hôte de nombreux papillons, voir Merveilleuse ortie, la digitale celle de la mélitée des digitales.

Marier les roses et les plantes à papillons

Le cerfeuil penché qui a poussé là tout seul en bordure de bois, à côté du rosier "Fée des neiges" ou "Iceberg" pour les pays anglo-saxons (obtenteur Kordes), comme un bouquet de mariée improvisé. Dans un paysage plus dégagé, c'est la carotte sauvage qui s'invite. Notons que ces deux plantes font partie de la famille des apiacées, comme le persil, l'aneth, qui sont les plantes-hôtes du machaon. Avantage, sa chenille n'est pas envahissante, on peut la laisser manger tranquille.

Marier les roses et les plantes à papillons

Parmi les aromatiques, qui éloignent les pucerons, un grand classique, la lavande, qui accueille pendant un mois un festival de papillons. Un peu plus tard, fleurira la marjolaine, puis l'origan doré. En avril-mai, c'étaient le thym et la ciboulette. Ici avec le rosier "Chartreuse de Parme" (obtention de Delbard).

Marier les roses et les plantes à papillons

Les heuchères, les centaurées bleues ou pourpres, les nigelles de Damas, sont particulièrement fines et vont avec tout. Ici, rosier buisson "Baron Gonella" (origine inconnue, rosier venu de l'Ile Bourbon) avec le géranium hybride "Patricia" et des heuchères.

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Et quelques autres : rosier paysage "Astronomia" (Meilland) et géranium "Cherry", produit par une pépinière locale et jamais retrouvé par la suite, rosier buisson "René Goscinny" (Meilland) et alchémille, rosier couvre-sol "Opalia" et le petit coussin de Geranium sanguineum.

Marier les roses et les plantes à papillons

Voir aussi, pour l'intérêt du mélange des plantes, Exotiques ou sauvageonnes ?
Sources
Pour les plantes-hôtes, une synthèse rapide par l'Observatoire Agricole de la Biodiversité.
Pour l'identification des plantes sauvages, Tela Botanica.

Publié dans Plantations, Papillons

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